vendredi, 08 août 2008
Déroute
Un jour quelqu'un m'a dit "dans tes yeux il y a une force et une faiblesse". Je n'ai jamais aussi bien compris le sens de cette phrase.
J'ai toujours été quelqu'un de sensible, d'émotif. Les gens me touchaient, la vie me touchait, le monde me touchait. J'étais poète à mes heures perdues, peut-être même romantique. Je me sentais souvent suffoquée par mes émotions en pensant à la misère d'autrui. Je pleurais.
Et puis je suis devenue quelqu'un de fort, et la force a tout balayé. Devant ce qui devrait susciter en moi une émotion, qu'elle soit tristesse, compassion, colère, incompréhension, indignation , je reste de marbre. Je suis vide. Et le pire dans tout ça, c'est que je me rends bien compte que je ne suis pas étrangère à ce phénomène. Je ne me laisse plus toucher. Je ne me laisse plus émouvoir.
Je m'étais dit que je n'aiderais personne en allant mal. Alors j'ai décidé d'aller bien tout le temps, pour pouvoir être plus présente. Et puis un jour on m'a fait mal, très mal, et je me suis jurée qu'on ne m'y prendrait plus. J'ai érigé des barrières infranchissables pour préserver mon bonheur et écarter tout ce qui pouvait l'écorcher. Ces barrières elles ont plusieurs noms, parmi lesquels fierté et relativisation sont mes principaux alliers. J'ai ainsi cru que je pouvais relativiser tout ce qui m'arrivait, et j'ai appris à me servir de ma fierté comme rempart à tout ce qui pouvait me blesser. Je suis devenue une forteresse imprenable.
Voilà où j'en suis.
Je reviens du Congo où j'ai vu la plus grande misère et le plus grand dénuement. J'aurais voulu ressentir quelque chose, j'aurais voulu être émue, j'aurais voulu ne pas supporter ce que je voyais et entendais, j'aurais voulu crier et pleurer. Mais je ne sais plus. Je suis restée vide.
Quand on m'a larguée je n'ai rien ressenti, la fierté a tout de suite pris le dessus. Je n'étais pas amoureuse et c'est tout, je suis restée vide, et la vie a repris son cours comme si de rien n'était. Comment pouvais-je être amoureuse, alors qu'aimer est synonyme de baisser ses gardes ? Moi je ne sais plus, j'ai réussi l'exploit de désapprendre à aimer, et en toute honnêteté je sais pertinemment que je ne suis pas prête de tomber amoureuse tant que je n'aurai pas réglé ce problème avec moi-même.
Au jour d'aujourd'hui, je me demande même comment je réagirais si un de mes amis proches décidait de couper les ponts. La fierté a tellement pourri mon coeur que je serais bien capable de garder la tête haute, "même pas mal", plutôt que de me remettre en question. Tiens et en parlant d'amis... Je disais plus haut que j'avais décidé d'être heureuse tout le temps pour pouvoir être plus disponible et plus à même de les aider. Résultat ? Je croyais qu'on n'aidait personne en allant mal, j'ai appris qu'on n'aidait personne en allant bien. Comment comprendre quelqu'un qui souffre alors qu'on ne s'autorise plus la souffrance soi-même ?
Je sens que je suis en déroute. J'ai perdu un morceau de ce que j'étais et je ne sais plus comment le retrouver... Comment réapprendre à détruire les barrières et laisser tomber les armes ? C'est plus facile de jouer les durs plutôt que d'accepter d'avoir mal. J'ai pas la clef, je sais pas comment m'y prendre. Tout ce que je sais, c'est que cette partie de moi me manque, et que je veux la retrouver.
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mardi, 08 juillet 2008
Etre avec vous (3)

Il est des choses
Qu'on ne peut faire qu'avec certaines personnes
A une certaine heure de la nuit
12:04 Publié dans Mon monde de mots | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
En phase
Je change depuis quelques mois, c'est un fait. Je change d'état d'esprit, je change ma façon d'être aussi.
Il y a un an je me lissais les cheveux. Puis je les ai fait bouclé pour ne plus avoir à m'en occuper.
Il y a quelques mois encore je me maquillais : fond de teint, ombre à paupière, blush, mascara, eye liner, rouge à lèvres et compagnie... Ca va faire deux mois presque que je ne mets plus rien, sauf un peu de mascara de temps en temps.
Depuis l'adolescence je suis passée par divers complexes : les vergetures sur les cuisses, l'acné, les seins disproportionnés, la cellulite, le ventre pas plat... Maintenant je m'en fiche, ces imperfections font partie de moi et je me sens bien avec elles.
Je n'aimais pas porter mes lunettes, je me trouvais plus jolie sans. Ca fait plus de trois mois que je les porte tous les jours, parce que c'est plus pratique.
Avant je n'attachais presque jamais mes cheveux car je trouvais mon front trop haut. Depuis une semaine j'ai les cheveux attachés presque tous les jours, je suis plus à l'aise comme ça.
J'aimais bien avoir des bijoux sur moi, boucles d'oreille, bagues, colliers, bracelets... si possible assortis. Je m'en passe désormais, je préfère même ne rien avoir.
Le regard des autres a beaucoup compté, beaucoup pesé même. Aujourd'hui je n'y prête plus attention, j'aime ne pas avoir à me poser de questions quand je sors de chez moi.
Je crois que je suis en quête de sincérité, sincérité avec moi-même et avec les autres. J'aime être au naturel, je n'ai pas envie d'artifices, je ne veux pas me cacher derrière un masque d'apparences et de beauté feinte. Je suis moi après tout, pour le meilleur et pour le pire.
En phase avec moi-même.
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mardi, 01 juillet 2008
J-13
Il faut se rendre à l'évidence, mon esprit est complètement obnubilé par le Congo. 13 jours... c'est si court après 9 mois de préparation, mais c'est si long ! Je voudrais y être déjà. Petit à petit, je réalise...
"Lucie tu fais quoi ce week-end ? - Plage et camping en jardin avec les zamis ! - Et le week-end d'après ? - Eh bien... je pars."
Ca y est, cette phrase a suffit pour me faire réaliser la proximité du bouleversement de ma vie. En l'espace de deux jours j'ai acheté mon traitement antipalu, mon insecte écran, mes tongs qui sont pratiques pour marcher, mes slips en coton... Je suis passée à la banque pour faire changer de l'argent. J'aurai les coupures vendredi, et ce sera J-3 avant ma rencontre avec la terre d'Afrique.
J'ai commencé à dire au revoir à des gens que je ne reverrai sans doute pas avant de partir. J'ai laissé mon groupe dimanche, en sachant que nous ne nous reverrons désormais qu'à l'aéroport. On parle de l'organisation de mon départ à la maison. Il va falloir que je commence la liste de tout ce que je ne dois pas oublier, que je sorte la grosse valise et que j'y mette petit à petit mes affaires. Ah oui, ne pas oublier d'acheter un chapeau...
Et puis quand tout ça sera fait, que je serai prête, que toutes mes affaires seront en ordre, ma valise à la main, je rentrerai dans cet aéroport, dans cet avion, et la boucle sera bouclé.
C'est là que tout commence.
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samedi, 21 juin 2008
Etre avec vous (2)
J'aime ces moments volés
A la clarté de la lune
A la chaleur de notre amitié
11:59 Publié dans Mon monde de mots | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
jeudi, 19 juin 2008
J-25
Une envie d'écrire soudain. Je suis beaucoup à la maison en ce moment et j'ai tout le loisir de penser à l'Afrique, au Congo, à mon départ qui approche. Je compte les jours, J-25.
C'est étrange, je prépare ce projet depuis novembre, et pourtant j'ai l'impression que c'est la concrétisation de quelque chose de beaucoup plus grand qui a pris racine il y a bien longtemps. Dans 25 jours, c'est 18 ans d'expériences, de questionnements et de réflexions qui vont se heurter à une réalité bien différente. Dans 25 jours, je vais vivre quinze jours qui scinderont ma vie en deux, l'avant et l'après. Peut-être même que je reviendrai définitivement changée.
Je n'ai pas peur toutefois. J'ai ce sentiment que ma place est exactement là où je suis, là où je vais. Je sens que ce que je fais est dans la continuité des choses, que je n'aurais pas pu avancer sans ça. Ce voyage, il fallait que je le fasse, maintenant. Ce n'est qu'après seulement que je pourrai comprendre quelle direction ma vie doit prendre.
Il y a quelques mois, j'écrivais un article sur ce blog disant que je voulais partir, mais que j'attendais sans doute la personne qui m'en donnerait la force. J'en ai trouvé quatre. Quatre personnes inconnues il y a un an, quatre personnes qui vont partager l'aventure de ma vie. Ces personnes, je sais qu'elles sont les bonnes. Je pars sereine, pleine de confiance et sûre du soutien qu'ils sauront m'apporter, que nous nous apporterons mutuellement.
Vous l'avez sans doute remarqué, je ne pars que dans 25 jours mais mon esprit est déjà parti depuis quelques semaines. Je ne pense plus qu'à ça. Je pars, enfin.
Le retour sera, je crois, difficile. J'ai cru au début que ça me faisait peur, en fait non, c'est juste que c'est l'inconnu total. C'est le genre d'expériences face auxquelles on ne sait pas comment notre corps, notre esprit, vont réagir. Je ne peux que faire confiance à ma force et à ma volonté pour y voir plus clair quand je serai de nouveau parmi vous. J'espère ne pas vous décevoir, j'espère que vous ne déplorerez pas mes changements, j'espère que je saurai toujours être là pour vous comme avant. Peut-être qu'il me faudra du temps, je m'en excuse, mais je reviendrai à la fin, je vous le promets. Quand j'aurai pris assez de recul, je retrouverai la voie de ce qui est bon et utile, je dois me faire confiance pour ça.
Dans 25 jours, j'y serai.
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mercredi, 11 juin 2008
A quoi bon faire semblant
Je ne suis pas en manque d'amour.
Je ne suis pas en manque d'affection.
Je ne suis pas en manque de tendresse.
Je ne suis pas en manque de câlins.
Je ne suis pas en manque de regards langoureux.
Je ne suis pas en manque de sensualité.
Je ne suis pas en manque de sexe.
Je ne suis pas en manque de tout ça, sauf quand il y a des gens, parce qu'il faut bien avoir l'air intéressant.
Je me fous de ne pas avoir un ventre plat.
Je me fous d'être célibataire.
Je me fous d'avoir un sein plus gros que l'autre.
Je me fous d'avoir de la cellulite.
Je me fous d'avoir des boutons d'acné récalcitrants.
Je me fous qu'on ne s'intéresse pas à moi.
Je me fous d'avoir les cheveux qui se mettent n'importe comment.
Je me fous de tout ça, sauf quand il y a des gens, parce qu'il faut bien avoir l'air intéressant.
J'aime le jus de tomate.
J'aime grignoter entre les repas.
J'aime lire Super Picsou Géant.
J'aime les compliments.
J'aime dire des conneries.
J'aime les films bon public et Amour,gloire et beauté.
J'aime qu'on me prenne au sérieux.
J'aime tout ça, sauf quand il y a des gens, parce qu'il faut bien avoir l'air intéressant.
Je n'envie personne, je suis bien dans ma peau, j'aime ma vie, je suis heureuse et je l'assume. Mais pourquoi faut-il donc avoir l'air intéressant ?
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mardi, 03 juin 2008
Etre avec vous

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lundi, 02 juin 2008
Les petites contrariétés
La vie est souvent faite de petites contrariétés. Le problème c'est qu'on ne les considère jamais comme petites, car elles prennent souvent une place importante dans notre quotidien, elles sont au coeur de notre vie et elles ont un impact considérable sur notre moral.
Ces petites contrariétés, elles font paraître la vie plus terne ; on a beau avoir tout pour être heureux, on a beau être heureux, elles viennent toujours gâter le paysage. A cause d'elles on devient pessimiste, à cause d'elles on se ronge les sangs, à cause d'elles on s'interroge, à cause d'elles on se remet en question. Décidément ces petites contrariétés sont épuisantes !
Et puis le pire dans tout ça, c'est qu'on ne sait pas comment en venir à bout. On n'arrive pas à les relativiser, on n'arrive pas à les oublier, elles reviennent dans chaque moment de faiblesse physique ou psychologique. Un ptit coup de fatigue et nous revoilà à broyer du noir. Un moment d'ennui et hop toutes les petites contrariétés reviennent. Pour peu que le ciel soit gris et c'est la fin, ya plus qu'à retourner au lit en attendant des lendemains plus cléments.
Alors qu'est-ce qu'on fait ? Quelqu'un ici a-t-il une solution miracle aux petites contrariétés ?
On peut bien sûr faire comme si de rien n'était, comme si elles ne nous atteignaient pas. On peut s'obliger à voir ce qu'il y a de chouette dans nos vies en ce moment, et se dire que c'est la seule chose qui compte. On peut s'obliger à être heureux et à ne pas se poser de questions. Oui on peut tout ça. Mais qui sera dupe ?
Ou alors on peut ressasser tout le temps, laisser les petites contrariétés prendre le pas sur nos vies, les regarder gagner du terrain sur notre bonheur sans réagir, devenir aveugle devant l'espoir et l'optimisme. Mais ça a pas l'air terrible quand même.
Enfin on peut tenter d'éliminer la contrariété à sa source. Faire en sorte que rien ne puisse altérer notre bonne humeur en coupant court à tout ce qui nous dérange. Seulement parfois la source de cette petite contrariété est aussi une source de bonheur. Alors oui ça ne nous contrariera plus, mais c'est aussi risquer de laisser une petite part de bonheur s'en aller, et ça ben... c'est dommage.
Bon ben tout ça pour dire que ya pas vraiment de solutions aux petites contrariétés de la vie. J'ai choisi la première, parce que j'aime pas qu'on contrarie mon bonheur et parce que je suis une bonne menteuse. Advienne que pourra.
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jeudi, 22 mai 2008
Ma folie
J'avais écrit un bel article sur toi, pour te dire à quel point tu me manques, te dire que ma folie est revenue mais que je n'ai personne avec qui la vivre pleinement, te dire que les gens manquent cruellement de spontanéité, te dire qu'avec toi c'était tellement chouette tout paraissait possible, te dire que j'ai envie de te téléphoner souvent et que je me rends compte que tu n'es plus là, te dire que je me remémore nos folies, te dire que le beau temps, l'été et le farniente sans toi c'est pas pareil...
Mais l'article s'est effacé.
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