My world with my words

mercredi, 14 mai 2008

La cerise

1774987357.gif

Le mystère des cocktails de fruits au sirop...

J'étais fort en appétit ce soir à l'idée de déguster la salade de fruits que j'avais achetée au supermarché quelques jours plus tôt (hier en fait, mais la formule est plus jolie comme ça ^^'). Je précise que l'image sur la boîte est très attrayante : pas moins de quatre cerises visibles dans une petite coupelle, et peut-être une autre, je ne suis pas sûre car ils ont collé un "sirop léger" dessus (soit approximativement 5 cerises !). Or tout le monde sait que le meilleur dans les cocktails de fruits, ben c'est les ptites cerises roses (qui ne ressemblent d'ailleurs pas du tout à des cerises, mais bon on s'en fout c'est bon !). Enfin moi c'est ce que je préfère, et j'aime à croire que je ne suis pas la seule au RU à sélectionner le ramequin que je vais prendre en fonction des taches roses que je vois dedans. Quoi, vous faites pas ça ? 

Bref je m'éloigne du sujet. Nous disions donc, 4 cerises, peut-être 5. Dans UNE SEULE PETITE coupe ! Voyez vous-même la contenance de la boîte de conserve, enfin je vous dis tel que c'est écrit parce que je sais pas quel chiffre est le plus parlant : poids net : 412g, poids net égoutté : 250g, contenance: 425mL. Enfin bref, ce qu'il faut voir c'est qu'on peut faire plusieurs petites coupes avec ça, au moins deux en tout cas.

Bon moi j'avais faim (j'ai beaucoup révisé, c'est une excuse !?), alors j'ai sorti un bol (équivalent d'environ deux petites coupes...enfin peut-être trois ^^'). Quelle ne fut pas ma surprise de constater que, dans la totalité de la boîte, il n'y avait qu'une seule cerise ! C'est pas si grave soit dit en passant, je l'ai donc mangée avec délectation.

Et alors mon sourcil droit s'est relevé (non jrigole en fait j'arrive pas à bouger qu'un sourcil à la fois, mais j'adorerais à vrai dire, enfin bon là c'est pour l'effet). Je lançai un regard inquisiteur à la boîte, puis tournai la langue dans ma bouche pour retrouver la saveur de la cerise. Avec effroi, je constatai l'ABSENCE de saveur. Et là je me dis hum... il y a anguille sous roche ! Lucie, il est temps de pousser la réflexion un peu plus loin...

Mais que peut-il bien se passer dans sa tête, vous dites-vous ?! Eh bien je viens de découvrir que tous ces cocktails de fruit ne sont en fait qu'une vaste supercherie, destinée à faire aimer les cerises qui ressemblent pas à des cerises et qu'on se persuade qu'elles sont bonnes. Parce qu'à vrai dire, elles sont pas bonnes ces cerises. Elles sont pas pas bonnes non plus. Elles sont rien...

Pourtant on tente de nous faire croire qu'elles sont bonnes, et comment cela, messieurs dames, comment cela ? Et bien justement en n'en mettant qu'une seule dans la boîte ! Elle revêt alors un caractère précieux, et une espèce d'attraction nous pousse vers cette petite forme rose et solitaire. Et on est content.

Tout ça pour dire quoi ?

Euh...

Méfiez-vous de la cerise.

(En vrai je soupçonne qu'après avoir fait croire à tout le monde que les cerises qui ressemblent pas à des cerises et qu'on se persuade qu'elles sont bonnes sont bonnes, une multinationale va se lancer dans la production exclusive de cerises qui ressemblent pas à des cerises et qu'on se persuade qu'elles sont bonnes pour se faire un max de tunes. Alors vous faites pas avoir !)

PS : La cerise ce soir, c'est que je viens de me rendre compte que c'est le 100ème article de mon blog, et je suis bien contente que ce soit celui-là ! 

 

mercredi, 07 mai 2008

Dommages collatéraux

"Le bonheur, souvent, se construit au détriment de quelqu'un, et ce n'est plus le bonheur. Le vrai bonheur est de mettre son bonheur dans le bonheur d'un autre."
[Jacques de Bourbon Busset]

C'est vrai... Le bonheur ne se vit pleinement que lorsqu'on le lit dans l'autre et non pas quand on le ressent en soi. Difficile tout ça, difficile de se découvrir heureux un beau matin, et de se coucher le soir en se disant que ce bonheur fait peut-être plus de mal que de bien.

Est-ce une fatalité ? Le bonheur des uns fera-t-il toujours forcément le malheur des autres ? Moi qui abreuve le monde de mes grands mots comme quoi le bonheur d'autrui doit passer avant le sien propre, me voilà dans le cas même où refuser d'être heureuse s'avère difficile.

C'est vrai je pourrais être heureuse sans ça, je pourrais me contenter de ce que j'avais avant, de ce que j'étais avant. Et pourtant un sentiment étrange m'étreint, au-delà de la culpabilité, un sentiment d'injustice.

Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi ne puis-je pas pour une fois vivre quelque chose avec sérennité, sans crainte de faire du mal à qui que ce soit ?

Je voudrais pouvoir penser aux autres, mais quand est-ce que les autres pensent à moi ? Je voudrais préserver les autres, mais quand est-ce que les autres me préservent ?

C'est une réaction si égoïste... Je ne me reconnais pas, je ne m'aime pas...

Mais merde, il fallait que ça sorte !

Je ne suis pas une sainte. Je n'ai pas l'âme d'une martyre. Et parfois j'aimerais ne penser qu'à moi, c'est un fait, ça arrive, j'en suis aussi désolée que vous.

J'aimerais balancer à tout le monde tout ce qui n'a pas été dans ma vie à moi aussi, tout ce que j'ai supporté toute seule moi aussi, tous les sentiments que j'ai refoulés moi aussi, toutes les situations difficiles que j'ai dû affronter moi aussi, toutes les fois où j'ai fermé ma gueule pour mieux apprécier le bonheur des autres moi aussi... 

Mais je n'ai pas vécu tout ça...  Evidemment tout a toujours été chouette dans ma vie. De quel droit pourrais-je juger ce que je ne comprends pas. Quelles leçons je peux vous donner à vous, moi qui n'ai jamais su ce que c'était que d'aller mal.

Ne vous inquiétez pas, je continuerai à penser à vous, mes amis. Et je continuerai à vous faire passer avant tout le reste, mes amis. 

Mais s'il-vous-plaît soyez mes amis vous aussi... 

 

dimanche, 04 mai 2008

Julien Blanc-Gras - Comment devenir un dieu vivant

Ca faisait longtemps que je voulais vous faire partager ce bouquin, vraiment un bon moment de lecture, voici l'extrait qui m'a convaincue de l'acheter :
68184220.gif
 
La parabole du morse
 
Le mot morse vient du lapon morj, qui signifie morse.
Le morse (Odobenus rosmarus) est un mammifère marin des régions arctiques, dont le mâle porte d'énormes canines supérieures. De l'ordre des pinipèdes (comme l'otarie, par exemple), il est doté de belles moustaches qui font des jaloux. C'est un gros lourdaud frisant la tonne pour une taille avoisinant les trois mètres. Le morse ne répond pas souvent au nom de veau marin, peut-être parce qu'il est susceptible. Dans l'eau, sa vitesse peut atteindre les 210 km/h, si vous n'arrêtez pas de croire tout ce qu'on vous dit. Ses principaux prédateurs sont l'ours polaire et l'homme (qui aime l'ivoire de ses défenses et sa peau, qu'on tanne pour faire l'amour devant la cheminée de l'igloo). Parfois donc, un ours polaire sème la panique dans le troupeau. Il s'approche discrètement du tas de morses lymphatiquement vautrés sur la banquise. D'un coup de griffe habile et fulgurant, il s'empare d'un petit qui sera éviscéré dans d'atroces souffrances sous le regard de sa mère. On ne sait pas exactement quel sentiment l'étreint à ce moment parce qu'on est pas sûr que les animaux aient des sentiments, et les morses sont des animaux. Ca c'est indéniable.
Le morse évolue dans un milieu tantôt nourricier, tantôt hostile. Ses comportements sont parfois illisibles. Je me souviens d'un documentaire vertigineux sur l'attitude de la bête lors de sa migration annuelle. La colonie se réunit sur un petit îlot rocheux pour prendre un peu de repos, car la route est longue. Tout est bien, le calme règne. Pas d'ours à l'horizon. Un morse hardi entreprend d'escalader de sa démarche grotesque le petit monticule chapeautant l'îlot. Poussés par l'instinct grégaire ou le besoin de faire les intéressants devant les filles, les autres le suivent. Arrivé au sommet (au bout d'une heure pour quelques dizaines de mètres de randonnée), le premier morse descend la pente de l'autre versant en faisant rouler sa grosse carcasse à la manière de Laura Ingalls dans le générique de La Petite Maison dans la Prairie. C'est drôle, mais seulement pendant dix secondes. Car au bout de la pente se trouve une falaise. Pas très haute, environ sept ou huit mètres. Suffisant pour se faire très mal. Notre ami le morse s'écrase en bas comme un vieux flan, suivi par tous ses camarades qui n'ont rien de mieux à foutre que de rouler vers un précipice. Après quelques heures, on se retrouve donc avec un bon tas de morses mortellement blessés, poussant des cris terrifiants, et incapables de remuer leurs quintaux de patapoufs. C'est désespérant. Car le morse, par son allure débonnaire, a su attirer notre sympathie.
Mais enfin pourquoi ? Les scientifiques ne se l'expliquent pas. Le morse est-il mu par un instinct de sacrifice utile à la globalité de l'espèce (comme le lemming) ou bien est-il particulièrement con (comme la poule) ? Mystère.
 
L'analogie anthropomorphique est tentante. Comme chacun sait, les suicides collectifs à grande échelle sont le principal hobby des sectes apocalyptiques. Allez les gars, on s'allonge par terre en étoile, Bobby va chercher le jerrican et on se fait un barbecue pour aller rejoindre les extra-terrestres, une fois que vous m'avez donné vos coordonnées bancaires.
Mais le plus souvent, le suicide, c'est une apocalypse individuelle. Et c'est un luxe de riche. Il faut avoir le temps de réfléchir et de s'ennuyer. Quand on passe sa vie à survivre, on ne se rend pas compte qu'elle est absurde.
Regardez l'Afrique. Je me souviens du comptoir de mon bistrot à une heure avancée de l'apéro. Mon voisin, un Togolais hilare et passablement ivre, m'abreuvait de ses considérations sur le continent noir : "L'Africain, il se suicide pas, mon frère. Enfin, ça peut arriver, mais alors il en faut beaucoup." Bien.
Regardez les Finlandais. Ils sont grands, beaux, ils ont un système social formidable, le meilleur taux de connexion internet du monde, ils ont même le Père Noël. Ca ne les empêche pas de se suicider à tour de bras.
Tout ça pour dire qu'on est des sacrés morses.
Nous savons que nous courons vers le précipice et nous courons quand même.
Goo goo goo joob. 

mercredi, 30 avril 2008

Futilités

On a beau avoir de grandes idées, sentir en soi la force de changer le monde, voir la vie avec philosophie, il est des moments où les futilités prennent le pas sur toute autre considération.

C'est ce genre de journée (que dis-je, ce sont toujours les soirées qui clochent) où j'attends impatiemment le lendemain, le surlendemain, ce jour où enfin je vais me retrouver, me réveiller avec ma petite moue qui veut dire "merde c'est déjà le matin" et ouvrir les volets avec un soupir de contentement. La vie est là, et je suis dedans. Voilà ce qui compte, pour de vrai. Lucie is back.

Vivement demain...

lundi, 31 mars 2008

Il part...fin de l'histoire.

La mort de quelqu'un, c'est difficile. Ce qui est encore plus difficile, c'est de savoir qu'une personne vit encore, mais qu'elle doit sortir de votre vie pour toujours. C'est comme une petite mort. Et encore... çà fait presque plus mal.

Ce qui me fait peur, c'est d'oublier. Parfois quand les gens sortent de nos vies, on pense à eux et puis leur souvenir s'efface. Au début on se remémore les moments passés tous les jours, puis toutes les semaines, tous les mois, on n'y pense plus qu'aux anniversaires, jusqu'à les laisser sortir de nos vies sans même s'en rendre compte.

J'espère que dans quelques temps j'arriverai encore à penser à toi, j'espère que je sourirai alors, en espérant que tu aies trouvé ton bonheur. Et puis je te laisserai t'envoler à nouveau loin de mon esprit.

Tu m'as dit : "Si tu me survis, alors une petite étoile veillera sur toi". Alors merci. 

Merci aussi de croire en moi. Tu fais partie de ces gens qui m'ont donné, qui me donnent la force d'avancer toujours.

Bonne route. 

dimanche, 23 mars 2008

Mon éternelle

J’ai passé tellement de temps à la chercher, à l’attendre, cette personne qui comprendrait tout de moi, qui lirait dans les profondeurs de mon esprit comme dans un livre ouvert.

Toi qui es pourtant si près de moi, je ne te voyais pas. Comme lorsqu’on met un temps infini à trouver un objet qui est en fait juste devant nos yeux.

J’étais tellement occupée à constater nos divergences, j’en ai oublié que tu étais capable de comprendre ce que tu ne pensais pas toi-même, ce que tu ne ressentais pas toi-même.

Je n’ai aucun secret pour toi. Rien de ce que je peux dire ou faire ne t’étonne. C’est comme si tu savais déjà qui j’étais, à la fois au passé, au présent et au futur.

Tu es cette personne qui m’a accompagnée sur la route, et qui me regarde désormais avec un sourire bienveillant et nostalgique : « Tu as trouvé ta propre route, elle s’éloigne de la mienne mais  je le comprends et je l’accepte, car tel est le chemin que tu as choisi de prendre. Je serai toujours là. »

Il nous est peut-être difficile de nous comprendre avec des mots, ils sont une barrière inutile entre nous. Tu n’en as pas eu besoin pour saisir tout ce que j’avais à l’intérieur.

C’est rassurant de te savoir là, près de moi, de voir dans ton regard tout ce que je suis. Tu me donnes de la force. Ton soutien est sans doute la chose la plus importante pour moi. Je sais que tu veilleras toujours sur moi, et que tu te tiendras toujours là à mes côtés avec fierté.

Tu es mon éternelle,

Ma Maman.