lundi, 20 juillet 2009

A cinquante ans elle découvrait la mer - Denise Chalem

LA MERE : Tu ne sauras jamais le poids de ma solitude.

(en robe de chambre, elle enlève les housses, remet son univers à sa place...)

Tu es restée plus de deux mois aux Etats-Unis. Une lettre de toi me disait que tout allait très bien, que ton voyage te passionnait et que la vie là-bas, c'était tellement mieux qu'ici.

(elle met le couvert, deux assiettes...)

Chérie, tu n'es pas là ce soir et pourtant je veux fêter ton anniversaire, être avec toi par tous les moyens, et peut-être qu'à New York en ce moment tu m'entends te parler, tu me sens. Bon anniversaire chérie. Je t'ai fait du poulet avec du bon vin. J'étais fatiguée pour faire un gâteau mais j'en ai trouvé un en bas à la boulangerie, au chocolat, et pur beurre, pas trop cher remarque. Tout devient tellement cher en ce moment je me demande jusqu'où ça va aller comme ça, jusqu'à quand ils s'imaginent que nous pourrons tenir. Mais je parle, mange, il est bon le poulet, je sais que tu aimes la cuisse.

(elle mange dans deux assiettes)

Tu sais je n'ai pas l'habitude de me mêler de ce qui ne me regarde pas, tu me connais, mais ces temps-ci tu étais un peu distante. Si tu as des ennuis pourquoi ne me dis-tu rien, je ne suis pas ta mère ? Tu ne me confies rien sur ta vie, tu crois peut-être que je ne te comprendrais pas. Tu sais la pilule au début si je t'ai fait cette scène, c'est parce que j'avais très peur pour ta santé. Mais toi tu te fâches tout de suite, on ne peut rien te dire, c'est normal que je sois inquiète pour toi, tu es ma fille, je ne t'ai pas trouvée dans la rue, j'ai souffert pour te mettre au monde.

Tu te souviens si petite déjà, quand je me disputais avec papa, tu me disais eh bien divorce, comme s'il y avait qu'à appuyer sur un bouton. Mais ce que tu ne sais pas mon ange, c'est combien tu l'aimais ton père, combien tu y étais attachée. Les crises de jalousie quand il s'occupait de ton frère, que vous avez tous les deux délaissé d'ailleurs. Pourquoi est-il si loin ? Tu étais sa petite dorée à papa, comme tu étais blonde alors. Peu à peu j'ai bien senti que moi je ne comptais pas, je n'étais jamais complice de vos jeux. La fête que tu lui faisais quand il rentrait du travail, il jetait son pardessus, me disait à peine bonjour, et vous jouiez, jouiez... Et moi j'étais toujours là pour gronder, surveiller, t'obliger à manger... Et ce baiser le soir, qu'il fallait qu'il te donne pour que tu t'endormes. Ce baiser Grassie, comme il a dû te manquer depuis... Et tu voulais que je divorce Grassie, mais tu en aurais été malade - chérie - ça tu ne voudras jamais l'admettre, jamais. Il n'y a pas très longtemps que tu t'intéresses à moi Graziella, non, pas très longtemps. Une mère doit toujours se sacrifier pour ses enfants. Les enfants avant tout. Je suis fatiguée...

mardi, 07 juillet 2009

Les Cowboys Fringants - Les Etoiles Filantes

Le passé fait partie de nous.

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Si je m'arrete un instant
Pour te parler de ma vie
Juste comme ca tranquillement
Dans un bar rue St-Denis

J'te raconterai les souvenirs
Bien gravé dans ma mémoire
De cette époque où vieillir
Était encore bien illusoire

Quand j’agacais les p’tites filles
Pas loin des balancoires
Et que mon sac de billes
Devenait un vrai trésor

Et ces hivers enneigés
À construire des igloos
Et rentrer les pieds g’lés
Juste à temps pour Passe-Partout

Mais au bout du ch’min dis-moi c’qui va rester
De la p’tite école et d’la cour de récré ?
Quand les avions en papier ne partent plus au vent
On se dit que l’bon temps passe finalement…

…comme une étoile filante

Si je m’arrete un instant
Pour te parler de la vie
Je constate que bien souvent
On choisit pas, mais on subit
Et que les reves des ti-culs
S’évanouissent ou se refoulent
Dans cette réalité crue
Qui nous embarque dans le moule

La trentaine, la bedaine
Les morveux, l’hypothèque
Les bonheurs et les peines
Les bons coups et les échecs

Travailler, faire d’son mieux
En arracher, s’En sortir
Et espèrer etre heureux un peu avant de mourir

Mais au bout du ch’min dis-moi c’qu’y va rester
De notre p’tit passage dans ce monde effréné ?
Après avoir existé pour gagner du temps
On s’dira que l’on était finalement…

…que des étoiles filantes

Si je m’arrete un instant
Pour te parler de la vie
Juste comme ca tranquillement
Pas loin du Carré St-Louis
C’est qu’avec toi je suis bien
Et que j’ai pu’l’goût de m’en faire
Parce que tsé voir trop loin
C’pas mieux que r’garder en arrière

Malgré les vieilles amertumes
Et les amours qui passent
Les chums qu’on perd dans’ brume
Et les idéaux qui se cassent

La vie s’accroche et renaît
Comme les printemps reviennent
Dans une bouffée d’air frais
Qui apaise les cœurs en peine

Ça fait que si à’ soir t’as envie de rester
Avec moi, la nuit est douce on peut marcher
Et meme si on bien que tout dure rien qu’un temps
J’aimerais ca que tu sois pour un moment…

…mon étoile filante

Mais au bout du ch’min dis-moi c’qui va rester…
Mais au bout du ch’min dis-moi c’qui va rester…

…que des étoiles filantes

samedi, 04 juillet 2009

Whatever works

whatever_works.jpg

 

Il ne faut pas sous-estimer la part de chance qui existe dans nos vies à tous.

Finalement on n'est pas maître de grand chose.

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