mardi, 18 novembre 2008
Prise de conscience amère
Il était une fois une petite fille, qui aimait profiter de la vie et regarder le ciel. Du haut de son jeune âge, tout paraissait possible. Elle aimait à croire que le monde était comme une petit boule de terre glaise, qu'elle pouvait façonner à sa manière. Et si ça n'était pas toujours le cas, elle pouvait au moins façonner sa vie à elle. Ah ça, elle en avait de la volonté ! Du jour au lendemain elle a arrêté de sucer son pouce, du jour au lendemain elle a arrêté de se ronger les ongles. Elle grandissait petit à petit, et elle savait ce qu'elle voulait.
Elle était la petite dernière d'une famille de trois enfants. Mais dans sa tête, ça ne marchait pas comme ça. Non, elle n'était pas la petite, elle aussi était capable de comprendre les grands et de faire comme eux. Elle n'a jamais eu de cesse de courir après le temps, elle n'était jamais satisfaite de sa condition présente. Elle n'aimait pas être considérée comme une enfant au milieu de tous ces adultes, elles n'aimait pas les limites qu'on lui imposait à cause de son âge. Elle s'est alors retrouvée perdue au milieu de deux mondes. Elle avançait trop vite pour se sentir en phase avec les enfants de son âge, mais jamais assez pour rejoindre les adultes.
Elle a attendu longtemps. En fait elle a passé toute sa petit vie à attendre. Elle est arrivée au collège, les années ont défilé et ses frères et soeurs sont partis de la maison. Elle était seule, la dernière, et elle ne le supportait pas. Pourtant la vie n'était pas difficile. Elle avait toujours de bonnes notes, commençait à se sentir bien avec ses amies... Le temps du lycée arriva, et elle s'y trouvait plutôt bien. Mais le monde et le temps dans lesquels elle vivait ne lui convenaient pas. Elle rêvait de plus tard, quand elle partirait de la maison, quand les seules limites qu'elle aurait seraient celles qu'elle se mettrait. Elle pensait à l'université, à ce monde de liberté qui l'attendait.
La petite fille a bien grandi, elle est devenue une jeune adulte, et elle découvre la fac. Alors même qu'elle croit avoir atteint son but ultime, alors même qu'elle pense en avoir fini avec cette poursuite incessante du temps, elle est rattrapée par ses propres limites. Désormais en plus de courir après le temps, elle court aussi après un ailleurs qu'elle ne connaît pas. Eternelle insatisfaite, elle se rappelle avec nostalgie de ces temps pas si anciens où elle voyait des formes dans les nuages. La petite fille en elle ne rit plus autant qu'avant, car elle n'a jamais appris à se satisfaire de ce qu'elle avait, de ce qu'elle était, et de ce qu'elle vivait. A force de courir, elle a oublié d'où elle venait et qui elle était, à tel point qu'elle ne sait plus après quoi elle court.
La petite fille a bien grandi, et elle s'est perdue en route. Elle ne sait pas si elle se retrouvera un jour, ni quand, ni où. Sa volonté, si forte pourtant, l'a quittée désormais. Elle aime bien ses études, mais elle ne travaille pas assez. Elle n'a jamais appris, tout venait tout seul avant. Elle n'ose plus tomber amoureuse, car elle ne sait pas ce qu'elle veut, et risquerait de faire plus de mal que de bien. Elle voudrait aider plus les autres, mais elle n'a jamais assez de temps, un prétexte alors qu'elle ne fait pas l'effort de le prendre.
En attendant elle s'énerve contre elle-même, car sa vie est facile, et elle est incapable d'en faire quoi que ce soit.
Prise de conscience amère...
15:49 Publié dans Mon monde de mots | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note






Commentaires
Tout ça me fait penser à un passage dans une chanson de sinsemilia, qui a mon avis est à discuter:
"ouvrir les yeux, j'aurais pas dû j'ai pas suporté c'que j'ai vu"
Ecrit par : antoine | mercredi, 19 novembre 2008
Ca sonne juste dans ma tête. C'est vrai je ne supporte pas de regarder le monde en face, de ME regarder en face... et pourtant je persiste, car je préfère tenter de rendre cette réalité un peu plus supportable que de fermer les yeux à nouveau...
Pas de regrets à vivre dans la vérité.
Ecrit par : Lucie | jeudi, 20 novembre 2008
Que dire?
Qu'on devrait ce voir durant les vacances, profiter du temps libre que j'aurai (enfin!!!), pour te voir ma Lucie et discuter de ça, parce que tu me manques et je préfère franchement ta jolie frimousse qu'un écran pour discuter.
Je t'aime
Ecrit par : Cassou | mercredi, 17 décembre 2008
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