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vendredi, 30 mai 2008

La surprise

"Après trente ans de mariage, la surprise tu la cherches plus du côté du slip."

[Maman] 

lundi, 26 mai 2008

Larry Flynt

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Propriétaire d'une boîte de strip-tease, Larry Flynt lance, dans les années 70, un concurrent au magazine Playboy, qu'il baptise Hustler. Cette publication s'illustre par son audace et son immoralité, provoquant la réaction des ligues de vertu.

Ca faisait quelques temps que je n'avais pas écrit un article dans "mon monde de films", peut-être parce que je n'ai vu que des grosses daubes dernièrement, passez-moi l'expression, mais j'avoue que c'en était devenu insoutenable. Et enfin, qui l'eût cru, c'est sur Arte qu'hier ma frustration cinéphile s'est achevée avec l'exceptionnel Larry Flynt. Qu'en dire ? Et bien c'est une comédie dramatique, ça parle pas beaucoup en général ce genre de termes, mais là c'en est l'expression presque parfaite. Complètement déjanté ce film, certes, mais avec un fond qui vous met parfois mal à l'aise, parce que c'est vrai que c'est dramatique ce qui lui arrive à ce pauvre Larry Flynt, et en même temps son combat suscite quelque forme d'admiration, de mon côté en tout cas. Et puis on est quand même plongé dans le milieu de la pornographie, ça donne une touche de folie en plus quand on sait qu'il est sorti chez nos très puritains américains. L'affiche d'ailleurs aurait défrayé la chronique, on se demande bien pourquoi ! C'est vrai qu'elle est à l'image du film, un brin provocante, mais j'avoue que je suis très sensible à la provocation quand elle est bien faite, et là en l'occurrence je tire mon chapeau. Un film à voir. Ames prudes s'abstenir.

jeudi, 22 mai 2008

Ma folie

181248864.jpgJ'avais écrit un bel article sur toi, pour te dire à quel point tu me manques, te dire que ma folie est revenue mais que je n'ai personne avec qui la vivre pleinement, te dire que les gens manquent cruellement de spontanéité, te dire qu'avec toi c'était tellement chouette tout paraissait possible, te dire que j'ai envie de te téléphoner souvent et que je me rends compte que tu n'es plus là, te dire que je me remémore nos folies, te dire que le beau temps, l'été et le farniente sans toi c'est pas pareil...

Mais l'article s'est effacé.

 

mardi, 20 mai 2008

Vivre ça

Une irrésistible envie d'écrire... décrire comme cette soirée est magnifique. Dur d'être assise devant un ordinateur dans un moment pareil.

1h à rêver d'Afrique, il est 19h, je sors...

Il fait beau, tellement beau. Et chaud, pas trop chaud, juste chaud. Le soleil est bas, il colore le soir de cette lumière si particulière, les gens sont dorés... Il n'y a pas de vent, il y a de l'air, de l'air chaud, juste chaud. Le ciel est si bleu ce soir, je n'avais pas fait attention, il est vraiment bleu, les nuages paraissent si légers soudain, aériens... Les bruits de la ville s'éloignent, j'apprends que la nature a un son, le son de la sérennité, inaudible et pourtant il n'est pareil à aucun autre... Mes yeux sont ouverts et pourtant je ne vois rien, mon regard s'est échappé, ou peut-être est-ce moi, mais je ne suis déjà plus dans mon corps, je suis cette musique, je suis ce parfum, je suis cette sensation, je suis l'instant... Me voilà loin, je ne suis même plus ici, je suis ailleurs, je suis nulle part... Ici et maintenant n'existent plus, je suis un souffle intemporel... C'est donc ça, être vivant...

Le tram arrive. Les bruits de la ville reviennent. Pourtant la musique reste là, dans un coin de ma tête... Je ne veux pas laisser les gens exister, je ne veux pas laisser le temps exister, je ne veux pas laisser la ville exister... Il n'y a qu'elle, je m'accroche à elle, je ne veux pas la laisser partir, pas encore, je veux la garder encore un peu... Reste avec moi pour ce soir, douce musique...

Et je la regarde s'en aller... Je lui souris... Merci d'être venue, c'était chouette ce p'tit bout d'chemin avec toi...

A bientôt... 

(Ecrit au son de "Air" de Monsieur Johann Sebastian Bach, repris par Klazz Brothers & Cuba Percussion) 

 

lundi, 19 mai 2008

Jimi Hendrix - Over the rainbow

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La meilleure version jamais faite de cette chanson...mais sans paroles ! Et pourtant la puissance de ces vibrations ne font qu'en intensifier le sens. Je vous laisse le texte ici, car c'est encore meilleur de s'imprégner du son en pensant à ce que ça signifie.

Somewhere over the rainbow
Way up high
There's a land that I heard of
Once in a lullaby

Somewhere over the rainbow
Skies are blue
And the dreams that you dare to dream
Really do come true

Some day I'll wish upon a star
And wake up where the clouds are far behind me
Where troubles melt like lemondrops
Away above the chimney tops
That's where you'll find me

Somewhere over the rainbow
Bluebirds fly
Birds fly over the rainbow
Why then, oh why can't I?
Some day I'll wish upon a star
And wake up where the clouds are far behind me
Where troubles melt like lemondrops
Away above the chimney tops
That's where you'll find me

Somewhere over the rainbow
Bluebirds fly
Birds fly over the rainbow
Why then, oh why can't I?

If happy little bluebirds fly
Beyond the rainbow
Why, oh why can't I?

 

mercredi, 14 mai 2008

La cerise

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Le mystère des cocktails de fruits au sirop...

J'étais fort en appétit ce soir à l'idée de déguster la salade de fruits que j'avais achetée au supermarché quelques jours plus tôt (hier en fait, mais la formule est plus jolie comme ça ^^'). Je précise que l'image sur la boîte est très attrayante : pas moins de quatre cerises visibles dans une petite coupelle, et peut-être une autre, je ne suis pas sûre car ils ont collé un "sirop léger" dessus (soit approximativement 5 cerises !). Or tout le monde sait que le meilleur dans les cocktails de fruits, ben c'est les ptites cerises roses (qui ne ressemblent d'ailleurs pas du tout à des cerises, mais bon on s'en fout c'est bon !). Enfin moi c'est ce que je préfère, et j'aime à croire que je ne suis pas la seule au RU à sélectionner le ramequin que je vais prendre en fonction des taches roses que je vois dedans. Quoi, vous faites pas ça ? 

Bref je m'éloigne du sujet. Nous disions donc, 4 cerises, peut-être 5. Dans UNE SEULE PETITE coupe ! Voyez vous-même la contenance de la boîte de conserve, enfin je vous dis tel que c'est écrit parce que je sais pas quel chiffre est le plus parlant : poids net : 412g, poids net égoutté : 250g, contenance: 425mL. Enfin bref, ce qu'il faut voir c'est qu'on peut faire plusieurs petites coupes avec ça, au moins deux en tout cas.

Bon moi j'avais faim (j'ai beaucoup révisé, c'est une excuse !?), alors j'ai sorti un bol (équivalent d'environ deux petites coupes...enfin peut-être trois ^^'). Quelle ne fut pas ma surprise de constater que, dans la totalité de la boîte, il n'y avait qu'une seule cerise ! C'est pas si grave soit dit en passant, je l'ai donc mangée avec délectation.

Et alors mon sourcil droit s'est relevé (non jrigole en fait j'arrive pas à bouger qu'un sourcil à la fois, mais j'adorerais à vrai dire, enfin bon là c'est pour l'effet). Je lançai un regard inquisiteur à la boîte, puis tournai la langue dans ma bouche pour retrouver la saveur de la cerise. Avec effroi, je constatai l'ABSENCE de saveur. Et là je me dis hum... il y a anguille sous roche ! Lucie, il est temps de pousser la réflexion un peu plus loin...

Mais que peut-il bien se passer dans sa tête, vous dites-vous ?! Eh bien je viens de découvrir que tous ces cocktails de fruit ne sont en fait qu'une vaste supercherie, destinée à faire aimer les cerises qui ressemblent pas à des cerises et qu'on se persuade qu'elles sont bonnes. Parce qu'à vrai dire, elles sont pas bonnes ces cerises. Elles sont pas pas bonnes non plus. Elles sont rien...

Pourtant on tente de nous faire croire qu'elles sont bonnes, et comment cela, messieurs dames, comment cela ? Et bien justement en n'en mettant qu'une seule dans la boîte ! Elle revêt alors un caractère précieux, et une espèce d'attraction nous pousse vers cette petite forme rose et solitaire. Et on est content.

Tout ça pour dire quoi ?

Euh...

Méfiez-vous de la cerise.

(En vrai je soupçonne qu'après avoir fait croire à tout le monde que les cerises qui ressemblent pas à des cerises et qu'on se persuade qu'elles sont bonnes sont bonnes, une multinationale va se lancer dans la production exclusive de cerises qui ressemblent pas à des cerises et qu'on se persuade qu'elles sont bonnes pour se faire un max de tunes. Alors vous faites pas avoir !)

PS : La cerise ce soir, c'est que je viens de me rendre compte que c'est le 100ème article de mon blog, et je suis bien contente que ce soit celui-là ! 

 

mercredi, 07 mai 2008

Dommages collatéraux

"Le bonheur, souvent, se construit au détriment de quelqu'un, et ce n'est plus le bonheur. Le vrai bonheur est de mettre son bonheur dans le bonheur d'un autre."
[Jacques de Bourbon Busset]

C'est vrai... Le bonheur ne se vit pleinement que lorsqu'on le lit dans l'autre et non pas quand on le ressent en soi. Difficile tout ça, difficile de se découvrir heureux un beau matin, et de se coucher le soir en se disant que ce bonheur fait peut-être plus de mal que de bien.

Est-ce une fatalité ? Le bonheur des uns fera-t-il toujours forcément le malheur des autres ? Moi qui abreuve le monde de mes grands mots comme quoi le bonheur d'autrui doit passer avant le sien propre, me voilà dans le cas même où refuser d'être heureuse s'avère difficile.

C'est vrai je pourrais être heureuse sans ça, je pourrais me contenter de ce que j'avais avant, de ce que j'étais avant. Et pourtant un sentiment étrange m'étreint, au-delà de la culpabilité, un sentiment d'injustice.

Pourquoi ? Pourquoi moi ? Pourquoi ne puis-je pas pour une fois vivre quelque chose avec sérennité, sans crainte de faire du mal à qui que ce soit ?

Je voudrais pouvoir penser aux autres, mais quand est-ce que les autres pensent à moi ? Je voudrais préserver les autres, mais quand est-ce que les autres me préservent ?

C'est une réaction si égoïste... Je ne me reconnais pas, je ne m'aime pas...

Mais merde, il fallait que ça sorte !

Je ne suis pas une sainte. Je n'ai pas l'âme d'une martyre. Et parfois j'aimerais ne penser qu'à moi, c'est un fait, ça arrive, j'en suis aussi désolée que vous.

J'aimerais balancer à tout le monde tout ce qui n'a pas été dans ma vie à moi aussi, tout ce que j'ai supporté toute seule moi aussi, tous les sentiments que j'ai refoulés moi aussi, toutes les situations difficiles que j'ai dû affronter moi aussi, toutes les fois où j'ai fermé ma gueule pour mieux apprécier le bonheur des autres moi aussi... 

Mais je n'ai pas vécu tout ça...  Evidemment tout a toujours été chouette dans ma vie. De quel droit pourrais-je juger ce que je ne comprends pas. Quelles leçons je peux vous donner à vous, moi qui n'ai jamais su ce que c'était que d'aller mal.

Ne vous inquiétez pas, je continuerai à penser à vous, mes amis. Et je continuerai à vous faire passer avant tout le reste, mes amis. 

Mais s'il-vous-plaît soyez mes amis vous aussi... 

 

dimanche, 04 mai 2008

Julien Blanc-Gras - Comment devenir un dieu vivant

Ca faisait longtemps que je voulais vous faire partager ce bouquin, vraiment un bon moment de lecture, voici l'extrait qui m'a convaincue de l'acheter :
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La parabole du morse
 
Le mot morse vient du lapon morj, qui signifie morse.
Le morse (Odobenus rosmarus) est un mammifère marin des régions arctiques, dont le mâle porte d'énormes canines supérieures. De l'ordre des pinipèdes (comme l'otarie, par exemple), il est doté de belles moustaches qui font des jaloux. C'est un gros lourdaud frisant la tonne pour une taille avoisinant les trois mètres. Le morse ne répond pas souvent au nom de veau marin, peut-être parce qu'il est susceptible. Dans l'eau, sa vitesse peut atteindre les 210 km/h, si vous n'arrêtez pas de croire tout ce qu'on vous dit. Ses principaux prédateurs sont l'ours polaire et l'homme (qui aime l'ivoire de ses défenses et sa peau, qu'on tanne pour faire l'amour devant la cheminée de l'igloo). Parfois donc, un ours polaire sème la panique dans le troupeau. Il s'approche discrètement du tas de morses lymphatiquement vautrés sur la banquise. D'un coup de griffe habile et fulgurant, il s'empare d'un petit qui sera éviscéré dans d'atroces souffrances sous le regard de sa mère. On ne sait pas exactement quel sentiment l'étreint à ce moment parce qu'on est pas sûr que les animaux aient des sentiments, et les morses sont des animaux. Ca c'est indéniable.
Le morse évolue dans un milieu tantôt nourricier, tantôt hostile. Ses comportements sont parfois illisibles. Je me souviens d'un documentaire vertigineux sur l'attitude de la bête lors de sa migration annuelle. La colonie se réunit sur un petit îlot rocheux pour prendre un peu de repos, car la route est longue. Tout est bien, le calme règne. Pas d'ours à l'horizon. Un morse hardi entreprend d'escalader de sa démarche grotesque le petit monticule chapeautant l'îlot. Poussés par l'instinct grégaire ou le besoin de faire les intéressants devant les filles, les autres le suivent. Arrivé au sommet (au bout d'une heure pour quelques dizaines de mètres de randonnée), le premier morse descend la pente de l'autre versant en faisant rouler sa grosse carcasse à la manière de Laura Ingalls dans le générique de La Petite Maison dans la Prairie. C'est drôle, mais seulement pendant dix secondes. Car au bout de la pente se trouve une falaise. Pas très haute, environ sept ou huit mètres. Suffisant pour se faire très mal. Notre ami le morse s'écrase en bas comme un vieux flan, suivi par tous ses camarades qui n'ont rien de mieux à foutre que de rouler vers un précipice. Après quelques heures, on se retrouve donc avec un bon tas de morses mortellement blessés, poussant des cris terrifiants, et incapables de remuer leurs quintaux de patapoufs. C'est désespérant. Car le morse, par son allure débonnaire, a su attirer notre sympathie.
Mais enfin pourquoi ? Les scientifiques ne se l'expliquent pas. Le morse est-il mu par un instinct de sacrifice utile à la globalité de l'espèce (comme le lemming) ou bien est-il particulièrement con (comme la poule) ? Mystère.
 
L'analogie anthropomorphique est tentante. Comme chacun sait, les suicides collectifs à grande échelle sont le principal hobby des sectes apocalyptiques. Allez les gars, on s'allonge par terre en étoile, Bobby va chercher le jerrican et on se fait un barbecue pour aller rejoindre les extra-terrestres, une fois que vous m'avez donné vos coordonnées bancaires.
Mais le plus souvent, le suicide, c'est une apocalypse individuelle. Et c'est un luxe de riche. Il faut avoir le temps de réfléchir et de s'ennuyer. Quand on passe sa vie à survivre, on ne se rend pas compte qu'elle est absurde.
Regardez l'Afrique. Je me souviens du comptoir de mon bistrot à une heure avancée de l'apéro. Mon voisin, un Togolais hilare et passablement ivre, m'abreuvait de ses considérations sur le continent noir : "L'Africain, il se suicide pas, mon frère. Enfin, ça peut arriver, mais alors il en faut beaucoup." Bien.
Regardez les Finlandais. Ils sont grands, beaux, ils ont un système social formidable, le meilleur taux de connexion internet du monde, ils ont même le Père Noël. Ca ne les empêche pas de se suicider à tour de bras.
Tout ça pour dire qu'on est des sacrés morses.
Nous savons que nous courons vers le précipice et nous courons quand même.
Goo goo goo joob. 

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