« 2007-11 | Page d'accueil
| 2008-01 »
jeudi, 06 décembre 2007
Souvenirs...
Salut vous deux ! Vous me manquez ce soir… Du coup jme suis dit que j’allais vous envoyer un ptit message. Je suis pas sûre que vous soyez ensemble alors jvous ai fait deux ptites séquences séparées.
Papi Luc…
Tu peux pas savoir comme tu m’as manqué aujourd’hui. J’ai accroché tes guirlandes et tes boules de Noël dans mon appartement, tu sais les bleu et argent qu’on t’avait achetées à Noël dernier. Ca passe si vite une année. Dommage que tu ne passes pas ce Noël avec nous. C’était toujours chez toi le 1er janvier avant. Cette fois ce sera pas pareil…
D’ailleurs en parlant de chez toi, je sais pas ce qui va arriver pour la maison. C’est vrai ça fait bizarre de se dire que quelqu’un d’autre peut-être s’y installera. C’est le premier lieu de mon enfance qu’on va m’enlever. Chaque pièce va engloutir son lot de souvenirs, et c’est dur de se dire qu’on y reviendra plus…
Toute la famille a commencé à se partager le contenu de la maison. Tu serais heureux de voir la façon dont ça se fait, sans opportunisme, juste dans le respect et la plus grande entente, et avec beaucoup d’humour bien sûr ! Je te laisse deviner à qui ton micro-onde a été attribué d’office. Tu peux être fier de toi et de tes enfants. C’est grâce à toi s’ils sont des gens bien aujourd’hui, et s’ils s’aiment et se respectent autant. Tu as su nous apprendre les valeurs d’une famille unie. Ah oui je crois que Laurence ne veut pas qu’on se débarrasse du canapé rouge du sous-sol. C’est fou comme tous les objets ont une histoire. Tellement de détails me reviennent. Les housses des canapés du salon où Claire et moi avons tant joué aux Barbie, et où les garçons jouaient aux Lego (dans les deux sauts blancs !). Le jeu de solitaire, les réussites, les paquets de cartes, le nain jaune, les dominos … Les parties de foot dehors quand on faisait le barbecue de la fête des pères, les vendanges qui sont déjà rendues loin… Les verres Schtroumpfs et Boule et Bill, les coupelles de la crème anglaise… Tu te rappelles quand Nicolas s’était ébouillanté avec du chocolat chaud en donnant un bottereau à François ? Tellement de souvenirs…
Tu as emmené tout ça avec toi, et tu nous as forcé à les imprimer en nous pour trouver le courage de te laisser partir et de laisser la maison, la maison de maman …
Je me rappelle de toi comme si je t’avais vu hier papi. Tu étais vraiment quelqu’un de bien. Et puis tu avais un sacré sens de l’humour quand tu voulais ! Je me souviens d’un truc que tu avais dit pendant les élections, enfin ce n’est pas le lieu pour le répéter, et puis on sait bien de quoi il s’agit !
Je crois pas avoir de nouvelles spéciales à t’annoncer, enfin peut-être que ça me reviendra.
Je t’aime papi, et j’espère que tu es apaisé là où tu es. Je ne crois pas à tout ça, mais toi tu y croyais, alors j’espère de tout cœur que tu as trouvé ton petit coin de paradis, à la hauteur de ce que tu as été.
Passe le bonjour à Mamie.
Lucie
Papi Jean-Marie…
Tu m’as pas laissé le temps de comprendre ce qui se passait hein. Tu allais bien pourtant, tu te remettais petit à petit. Si cette satanée leucémie n’avais pas fait des siennes, Dieu sait jusqu’à quand tu aurais encore vécu ! Pour moi tu incarnais la force. Je me rappelle quand j’étais plus jeune, tu avais déjà plus de 80 ans, mais tu faisais ton jardin et tu venais à la maison en vélo ! Dans mes yeux de petite fille tu ne pouvais pas mourir.
Pourtant tu m’avais bien fait peur en avril il y a un an et demi. J’avais bien cru que tu allais y rester. Mais non tu t’es battu et tu as vaincu. Alors pourquoi être parti si vite ensuite ? Je pensais qu’on aurait plus de temps…
Je crois que Mamie va bien. Ca a été dur au début, l’enterrement, la solitude, le deuil était un fardeau de plus sur ses épaules. Mais elle se remet, elle est forte aussi Mamie, elle supporte beaucoup de choses pourtant, et elle doit être fatiguée de ce poids toujours en elle, mais elle baisse pas les bras. J’aimerais avoir autant de courage qu’elle.
J’ai une petite curiosité… Tu étais un peu dur d’oreille c’est vrai, mais est-ce qu’il y aurait pas des fois où tu aurais fait exprès de pas entendre Mamie qui bougonnait ? Je suis sûre que si ! Tu étais malin, et ça se voyait dans tes yeux. D’ailleurs tu te rappelles quelquefois à la maison de retraite, quand maman et mamie se racontaient leurs commérages, et qu’on se lançait un regard entendu. T’avais toujours cette petite lueur amusée dans les yeux.
Tu as toujours prêté attention à moi, même de manière détournée parfois. Je l’ai compris la fois où tu étais à l’hôpital et que tu m’as demandé comment c’était au théâtre, alors que papa ne t’en avait parlé qu’une fois et que tu aurais très bien pu ne pas y faire attention. Tu te rappelles de cette photo, celle où tu as réussi à me prendre sur tes genoux pour la première fois ? Je l’adore. Et est-ce que tu te souviens de ton anniversaire où je t’avais fait goûter du Coca ? Je ne pourrai jamais oublier ta petite grimace, mais toujours sans te départir de ton air amusé.
Et qu’est-ce que tu étais gourmant. Ce n’est pas toi qui aurais refusé un gâteau ou un bonbon ! Tu les aimais au moins autant que le vin râpeux que tu avais dans ta cave, et dont Stéphane se rappelle encore je crois ! Et puis tu étais un peu grincheux quelquefois. Mais bon ça mettait du piment dans votre couple avec Mamie ! Elle t’énervait quand elle était là, mais les jours où elle ne venait pas à la maison de retraite te paraissaient plus longs. Au fond vous vous aimiez tendrement…
J’espère qu’on prend bien soin de toi où que tu sois. En tout cas t’as intérêt à t’y plaire vu le nombre de prières qu’ont faites tes copines de la maison de retraite pendant les visites ! Je pouvais même pas te regarder en silence, elles ont récité un chapelet en entier ! Mais bon, une fois dans ton cercueil il était un peu tard pour te regarder, tu étais déjà parti bien loin de la prison de ton corps.
Tu me manques toi aussi…
Je t’aime.
Lucie
23:00 Publié dans Mon monde de mots | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



















