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samedi, 24 novembre 2007

The Fray - How to save a life

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Parfois ce qu'on ressent en écoutant une chanson n'a rien à voir avec ce qu'elle dit. Parfois ce qu'on ressent correspond à une phrase, une note, un rythme, une mélodie. Cette chanson elle m'a émue la première fois que je l'ai entendue, et c'est le même sentiment à chaque nouvelle écoute.

Au fond cette chanson, elle me rappelle qui je suis, elle me rappelle mes questions et les réponses que j'ai tenté d'y apporter ; elle me rappelle mes doutes et mes forces, elle me rappelle mon impuissance et tout ce que j'ai déjà fait, tout ce que je ferai ; elle me rappelle tout ce qui ne va pas et tout ce qu'on peut changer, elle me rappelle que le monde est difficile à vivre et me donne confiance en l'avenir ; elle me rappelle les larmes et les sourires, elle me rappelle mes angoisses et me donne du courage.

Elle est ma faiblesse et ma force. 

Red House Painters - Have you forgotten

A écouter un après-midi d'automne, en regardant par la fenêtre les feuilles balayées par le vent et la vie qui s'agite...

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I can't let you be, cause your beauty won't allow me
wrapped in white sheets,
like an angel from a bedtime story
and shut out what they say,
cause your friends are fucked up anyway
and when they come around,
somehow they feel up and you feel down.

When we were kids, we hated things our parents did
we listened low to Casey Kasem's radio show
that's when friends were nice,
to think of them just makes you feel nice
the smell of grass in spring
and October leaves cover everything.

Have you forgotten how to love yourself?


I can't believe all the good things that you do for me
sat back in a chair like a princess from a faraway place
nobody's nice, when you're older your heart turns to ice
and shut out what they say;
they're too dumb to mean it anyway

When we were kids, we hated things our sisters did
backyard summer pools and Christmases were beautiful
and the sentiment of coloured mirrored ornaments
and the open drapes
look out on frozen farmhouse landscapes

Have you forgotten how to love yourself?

samedi, 10 novembre 2007

"Tu vis pour quoi alors ?", ou comment vivre dans ma tête

Quelquefois j'oublie qui je suis, j'oublie comment c'est de vivre dans ma tête, et puis ça revient et je me prends une vieille claque dans la gueule (passez-moi l'expression, c'est mon blog après tout).

Une nouvelle réflexion existentielle partant encore et toujours de la même question cruciale, prononcée pour la deuxième fois par ma très chère maman ayant du mal à admettre ma vision des choses : "Mais si tu vis pas pour Dieu, tu vis pour quoi alors ?"

La réponse à cette question, c'est ce qui s'appelle vivre dans ma tête. Et c'est là que les choses se compliquent.

Bon, alors tout d'abord, il y a moi, Lucie, jeune étudiante la tête pleine de belles idées... ah non je commence déjà mal. Quand on vit dans ma tête il n'y a pas d'abord moi. Enfin un peu quand même parce que je pense donc je suis, et si je suis pas là pour penser ce que je pense ben personne le fera à ma place.

Je recommence.

A l'origine il y a une fille qui pense, qui pense beaucoup trop, qui pense beaucoup trop souvent.  Olalah, je continue encore plus mal... Allez Lucie met tes idées en ordre.

Je recommence.

Au commencement il y a une fille qui oublie, qui oublie beaucoup trop, qui oublie beaucoup trop souvent. Elle oublie quoi ? Ce qu'elle est, pourquoi elle est, pour quoi elle est. Dans ce cas je devrais peut-être commencer par parler de qui je suis, pourquoi je suis et pour quoi je suis nan ? Mince tout s'emmêle !

Voilà ça c'est déjà un échantillon de ce que c'est que d'être dans ma tête. Maintenant soyons plus sérieux et efficaces dans nos propos.

Alors voilà, je réfléchis beaucoup c'est vrai, je me pose beaucoup de questions. Ce n'est pas juste pour le plaisir. C'est juste que je crois que ma vie en elle-même ne signifie rien. Vous voyez, ce que je souhaiterais moi, c'est ne pas avoir vécu pour rien. Vous savez on va tous mourir un jour, oui ça vous le savez. Seulement moi je ne fais pas que le savoir. J'en tire des milliers de questions.

En fait tout ça vient de ce que je veux que ma vie soit. Vous ne vous êtes peut-être jamais posée cette question, moi je me la repose tous les jours. Ce que je veux que ma vie soit, en fait, c'est quelque chose d'utile. Je veux sincèrement, profondément, servir à quelque chose. C'est la seule chose qui donne du sens à ma vie, et qui me fait exister. 

Depuis quand je m'en suis rendue compte ? Pas si longtemps que ça en fait. je l'ai déjà écrit sur ce blog il y a quelques temps, j'ai eu un jour comme un électrochoc, une espèce de prise de conscience soudaine et violente. Prise de conscience de quoi ? Du monde qui m'entoure.

Vous savez tous ces gens qui sont tristes, qui crèvent de faim et de soif, qui sont torturés, qui sont exécutés au nom d'intérêts plus importants que leur vie, qui crèvent de la grippe (oui oui messieurs dames hypocondriaques, tout le monde n'a pas votre chance !), qui sont assassinés pour sorcellerie, qui vivent dans la rue et dorment en bas de nos immeubles etc. etc. Savez-vous qu'aujourd'hui encore des femmes se font lapider ? Savez-vous qu'au moment-même où je vous écris plusieurs enfants meurent de faim ? Savez-vous que des sans-abris meurent de froid près de chez vous ? Savez-vous qu'à cet instant une femme met au monde un enfant qui n'atteindra pas 1 an faute de soins ? Savez-vous qu'elle-même n'a que 14 ans et n'est pas sûre de s'en sortir ?

Voilà ça a été un peu ça ma prise de conscience. En l'espace de 10 secondes, toutes ces images fusent dans ma tête, j'ouvre les yeux, je les ferme, et quand je les ouvre à nouveau ils sont embués de larmes, tandis que mon coeur lui est rempli de l'impuissance de mon cerveau. Je crois que c'est ce qu'on appelle "intégrer une information". Vous savez tous ce qui se passe dans le monde, je ne me fais pas de soucis pour ça, mais je ne suis pas sûre que tout le monde l'ait intégré.

Seulement avoir une prise de conscience c'est bien, ça fait réfléchir, ça amène à faire des choix et à envisager des actes. Et puis le lendemain matin c'est comme si tout s'était effacé. On reprend sa vie, comme si de rien était, on se dit je ne peux pas agir pour l'instant, et on attend. Si vous saviez comme je m'en veux dans ces moments-là ! Je m'en veux tellement d'être comme les autres, de n'être qu'une petite vieille bien au chaud dans son confort et incapable de bouger son cul ! Parce que c'est ce que je suis la plupart du temps, et je me déteste comme ça  !

Vivre dans ma tête c'est un peu ça. Heureusement j'ai la chance d'avoir un très beau poster face à mon lit, ceux qui me connaissent bien le connaissent bien, et ce poster me rappelle ce que je suis, et pourquoi je vis.

Je vis parce qu'un jour je sais que je partirai aider ces gens loin de moi, ou près de moi parce qu'il y en a beaucoup à aider aussi. Un jour j'arrêterai de les oublier. Si à 40 ans je ne l'ai pas fait s'il vous plaît tuez-moi, c'est le plus grand service que vous pourriez me rendre. 

Mais en attendant il y a aussi les gens autour de moi. Ceux-là, ils ont des maux bien moindres, même s'ils ne s'en rendent pas trop compte. Mais c'est normal ils n'ont jamais vécu autrement. Enfin leurs maux j'essaye de m'en occuper aussi. Parce que ce n'est pas parce qu'ils sont moindres qu'ils n'ont pas besoin d'être apaisés. J'y arrive quelquefois, et quelquefois non. Mais quand j'y arrive, quand je peux redonner un peu de joie, un peu de réconfort, un peu de bonheur à quelqu'un, j'ai l'impression d'avoir vécu pour quelque chose.

Est-ce que vous comprenez ? Vous savez en ce moment, ce qui me fait le plus mal c'est de ne pas pouvoir partager tout ce qui est dans ma tête. Ca je ne le pourrai jamais. Non pas que je ne veux pas, croyez-moi j'aimerais pouvoir vivre ça avec quelqu'un, mais il est des choses qui se vivent seul et si profondément en nous que personne ne pourra jamais les atteindre. 

Je viens de relire ce que je viens d'écrire. Je me rends compte que ce n'est pas du tout ce que je voulais dire, et finalement c'est difficile de retranscrire comment c'est, vivre dans ma tête.

"Tu vis pour quoi ?"

Je vis parce que je crois que nous ne sommes rien. Je crois que nous mourrons et que ce sera la fin. Je crois que ce qui perdure, ce ne sont pas les hommes mais les idées qu'ils portent.

Oui j'ai la tête remplie d'un monde idéal et utopique. Oui j'ai la tête remplie de belles idées irréalisables. Oui j'en ai conscience. Mais ne comptez pas sur moi pour les abandonner. Arrêter d'y croire, c'est arrêter de croire qu'on peut changer les choses. Et pour moi, c'est pire que d'être mort.

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